Après la traversée du canal, nous jetons l'ancre à Las Brisas devant l'imposante silhouette de la ville de Panama.
Annemarie de l'Anna X et moi servons d'aide aux amarres à bord du Ave Gitana, trimaran de course autrichien de Sandra et Reinhard. Nous découvrons là l'incompétence des autorités du canal. Le premier soir, le passage est annulé car Reini a refusé le chantage de devoir passer en tandem. Ceux qui ont fait les mesures l'avaient pourtant aussi explicitement constaté, les deux flotteurs sont bien trop fragiles pour supporter la mise en tandem. J'écris à Monika qu'en raison de notre vitesse fulgurante, nous avons décidé de passer finalement par le cap Horn, elle se réjouit pour moi...

Devant nous, le brise-lame de Colon et l'entrée du canal de Panama. Juste devant, quelques porte-conteneurs attendent un créneau pour passer. Nous, nous avons prévu de passer les deux prochaines semaines à la marina Shelter Bay pour préparer notre Aroha, faire le nettoyage complet et les petits travaux de maintenance. Et aussi de s’entraîner au passage du canal en servant de «linehandler» (aide aux amarres) à bord d'un autre voilier. Mais nous n'en sommes pas encore là, car une fois le brise-lame passé, nous contactons la marina par radio pour demander notre numéro de place de mouillage. La surprise n'est pas grande lorsqu'on nous annonce qu'il n'y a plus de place disponible! Nous nous y attendions, car bien qu'ayant essayé de réserver une place à plusieurs reprises en décembre et qu'on nous avait dit à chaque fois «pas de problème, il y a encore de la place», personne n'avait noté quoique ce soit. Je négocie avec le responsable des quais (dockmaster) et il nous accorde bon prince une semaine afin de régler les formalités de passage, après quoi il nous jette dehors. En contrepartie, il faut que nous prenions un agent, il nous conseille un certain Eric, sinon nous n'allons jamais y arriver. Comme nous n'avons pas le choix, nous devons accepter leurs conditions.

Le mercredi 8 décembre 2010 à 8:35, nous partons enfin vers Colon à Panama. Nous savons que le trajet sera difficile car une dépression nous attend devant nous et la suivante est déjà annoncée derrière nous, venant du nord avec des vents très forts et beaucoup de houle: nous devons atteindre Colon avant qu'elle nous rattrape. Comme le fond marin devant Colon remonte rapidement, les vagues s'accumulent devant la ville et naviguer avec notre petit voilier entre les brises-vagues devant Colon est très difficile, voire impossible. Mais nous ne pouvons pas rester plus longtemps à Curacao car il faut arriver à temps pour l'arrivée de Michi en avion depuis Vienne. Après un bout fait au moteur jusqu'en fin d'après-midi, nous pouvons enfin sortir les voiles. Mais un orage pas loin nous gâche tout le plaisir. La première nuit est désagréable, car chaque grande vague couche le bateau sur le côté.