Le 23 janvier, c'est le grand jour! Nous avons bien dormi et je me suis même remis de mon «coup de froid». Nous avons convenu avec les Bomika de lever l'ancre à 9h. Peu de temps avant l'heure H, l'Aroha et son équipage sont prêts. Le temps devrait être correct, nous avons peu voire pas du tout de vent mais nous sommes abrités par l'île et d'après les prévisions, la situation devrait être très différente au large. Et donc l'ordre est donné de lever l'ancre avec cinq minutes d'avance, Remonter l'ancre est entre-temps devenue une vraie routine et nous nous préoccupons plus de savoir si on n'a rien oublié et d'imaginer ce que ça va être de passer trois semaines d'affilé en mer.

Mardi 29 décembre 2009. le jour du départ commence mal: lever à 7h! Vous pouvez rire, mais il y a encore un paquet de choses à faire. Acheter les fruits et légumes, de la viande, nettoyer le pont avec de l'eau douce, remplir les réservoirs d'eau, tout ranger dans la cabine pour que plus rien ne bouge, vider le jerrican de Diesel dans le réservoir principal et aller le re-remplir. Ça n'a l'air de rien mais rien que pour les courses, j'en ai eu pour 1h1/2 et autant pour nettoyer le pont. Pendant ce temps, Éric termine le câblage de la radio et va ensuite à la station service remplir le jerrican. Je suis en train de remplir les réservoirs d'eau lorsqu'Helga arrive pour dire au revoir, avec du petit lait, du fromage et du vinaigre. Elle va vraiment nous manquer. De même, Andy et sa femme Andrea passent par là et nous amènent des oranges et des avocats de leur jardin.

18 novembre 2009: le temps passe trop vite. La journée, nous sommes occupés pas les travaux à bord. Éric bricole, et j'ai l'honneur de tenir les objets, de chercher les outils et d'aller cinq fois par jour à la ferreterias (quincaillerie) quand il y a quelque chose qui manque. Malheureusement, on n'y trouve pas tout et il faut parfois que je parcours la moitié de la ville pour avoir ce que je cherche, ou que j'aille mendier chez un bateau voisin ou chez Andy si la pièce n'est pas trouvable à Gomera. Heureusement que la ville n'est pas grande.

Lundi 19 octobre 2009 : ici le port de la Gomera nous plait beaucoup : il est tout petit et donc familial. Il y a là bien-sûr aussi plein de gens qui veulent faire le tour du monde à la voile ou au moins la traversée de l'Atlantique, nous avons ainsi plein de points communs avec les autres et partageons nos expériences. De plus, une de nos amies habite à Hermigua dans le nord de l'île. Elle a déménagé il y a 15 ans après avoir vendu le «Jazzspelunke» (ancienne salle de concert à Vienne en Autriche) et elle vit ici avec son copain Pascual. Dès notre arrivée, nous l'appelons et elle vient immédiatement en voiture nous rendre visite à bord avec un couple d'amis, Christl et Günter, qui est en vacances pour deux semaines. Nous avons plein de choses à nous raconter et le soir, nous allons manger à « la Tasca », un des meilleurs restaurants de San Sebastian. Celui-ci est tenu par Eloy, le frère de Pascual. Il est célèbre d'une part pour sa cuisine canarienne mais aussi pour ses pizzas. Éric et moi mangeons une très bonne paella.
Le responsable de l'antenne local du TO, Andy, est très attentionné envers les membres de l'association. Pendant que nous papotons dans le cockpit avec Helga et ses amis, il nous aborde car il a vu notre petit drapeau TO flotter sous notre barre de flèche. Si nous avons besoin de quelque chose, il suffit de demander. Il travaille dans un atelier « Andy´s Yachtservice » dans le port et fait des réparations pour bateaux. De plus, il est tous les soirs dans le bar en face du port pour boire une bière et discuter. Pour favoriser les contacts entre membres de TO, il organise une rencontre pour le sur-lendemain soir dans son restaurant habituel.

Après le départ de Walter samedi 10 octobre, nous passons du temps ici en attendant l’arrivée mercredi d’Helene, une très grande amie : visite de la ville, faire les courses. Santa Cruz a bien quelques beaux parcs et bâtiments, mais c’est malheureusement une grosse ville et nous n’y sommes plus vraiment habitués. La marina est coincée entre le port à conteneurs et le port des ferry. D’immenses moteurs diesels tournent toute la journée, générant un bruit et une saleté monstrueux. Il y a juste le bureau de la marina, les sanitaires et par chance, une laverie à pièce. Cette marina est une des deux seules ayant une soi-disant taxe pour les phares. Et la seule qui impose de prendre au minimum un forfait de 10 jours de séjour pour la taxe de port, même si on ne reste qu’une seule nuit. Le prix de celui-ci correspond à 20% de la taxe annuelle, soit carrément 44 euros pour notre bateau. Puisque c’est forcément inclus, nous restons ici les 9 jours qui suivent. Il est de toutes façons difficile d’ancrer aux Canaries, car il n’y a pas vraiment de baies protégées. Depuis Christophe Colomb, les îles Canaries sont le point de départ de beaucoup de traversées transatlantiques, nous rencontrons de nombreux plaisanciers au long-court, surtout des Français et nous pouvons échanger plein d’infos. Il y a aussi un centre espagnol TO et nous sommes dès lundi après-midi (jour férié) invités par Heinz, contact local de TO, et sa femme Lola à San Andres, à quelques kilomètres au nord de Santa Cruz. Ils habitent une superbe maison dans un jardin de 3000m², il y a en plus un bungalow et une autre maison qu’ils peuvent louer à des invités. Lola et Heinz sont très impliqués dans la protection de l’environnement et nous en apprenons beaucoup sur différents projets immobiliers qui devraient non seulement polluer mais aussi défigurer les environs. Nous discutons tellement qu’il est déjà 1h du matin quand nous repartons.